First date (14): Pedro

Pour mon quatorzième date, j’ai eu l’honneur de rencontrer Pedro. Pedro et son accent espagnol. Pedro et son chèche de l’enfer. Pedro quoi.

Matché sur Tinder à l’automne dernier. Echanges j’ai envie de te dire…Classiques. Mais grave classiques. Je comprends très rapidement qu’il est étranger car il fait énormément de fautes d’orthographe. Je ne dis pas que je suis Bernard Pivot non plus (pour info, Bernard c’est lui hein si tu connais pas) mais je t’avoue que les fautes d’orthographe en général ça pique mes yeux. Je n’aime pas des masses quoi. Mais oui, il me dit qu’il est arrivé en France récemment, genre y’a 4 ans je crois. Ce qui fait que je pardonne, en plus le français c’est une langue assez difficile, donc bon, ça passe. Il est originaire du Venezuela. Aka la patrie de Shakira. Nawak me diras-tu, Shakira est Colombienne. Allez, salut hein.

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Je me souviens parfaitement de cette soirée car on commençait à se les cailler en terrasse le soir. Surtout que lui avait mis ce soir-là un chèche (chose que je trouve vraiment cheum à vomir sur les mecs).

Bref, on se voit.

Se capter a été assez chaotique, dans le sens que je me suis trompée de sens dans la rue, donc je me suis éloignée du lieu de rendez-vous etc. Appelle moi boulet, j’assume. Je le vois au loin « C’est toi que je vois sur le passage piéton en face? », il est au téléphone (avec moi évidemment) « Si si, yé oune iéarpe roja ». CHÈCHE ROUGE mec, pas écharpe, CHÈCHE. Fuck, un chèche.

Pfffffffffffffffffffffffffffff. Je devrais éviter de m’accrocher à ce genre de détail, arrêter de focaliser sur certaines fringues. Mais sérieux, je ne sais pas pourquoi mais je suis trop à cheval sur les fringues. Et pourtant, je suis pas une fashion girl, non non non très loin de là. Mais les lunettes style Ray-Ban Aviator pour les mecs, le col V, les jeans trop larges, la chemisette, le sac en bandoulière, les marques apparentes, la fourrure autour du col, le délavage trop marqué et les déchirures sur les frocs, bague/gourmette/chaîne, la coupe du nazi (rasé sur les côtés et long sur le dessus), la barbe abusée de longueur, les tatouages style tribal/japonais/lettrage italique/ new school/néo trad… Bref, au final ma liste est assez longue. J’ai honte mais je ne peux pas.

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=> Alors qu’au contraire, la simplicité est gagnante pour moi : un jean droit, un tee-shirt col rond et uni, une paire de baskets classique et une parka c’est ce qui me plait chez les mecs. C’est bête mais je suis comme ça (et j’assume).

Je ne sais pas pourquoi mais je l’imaginais petit. Et en fait, l’ami Pedro est hyper grand, genre 1 m 90. Moi qui suis petite, j’étais contente. J’aime bien les grands. Mais en fait j’aime bien aussi les petits gabarits. Je n’ai pas de préférence en fait. Je suis en train de perdre du temps à dire de la merde là tout de suite.

Bref, marchons cher Pedro, marchons côte à côte pour trouver notre petite terrasse qui va nous accueillir le temps d’une pinte et de quelques cigarettes.

Il me fait découvrir son quartier, qui est fort cool. On marche et on se perd dans les petits passages hyper sympa, les rues sont pavées, y’a plein de bars, les lumières clignotent, l’air est doux (mais ça caille) et c’est bien. On s’assoie côte à côte (oui, je préfère, c’est tellement mieux, c’est mon côté mémé) et on fait connaissance. Son accent est très très charmant mais je n’aime pas son nez de profil : un nez très fin et pointu, comme celui d’une tite nenette qui aurait fait de la chirurgie. C’est drôle non? Jamais vu un nez comme ça chez un gars auparavant.

Au fil de la conversation, j’apprends qu’il est cuisinier et que c’est une réelle passion pour lui. Il cuisine todo el tiempo. Là tout de suite, en tant que meuf toc-toc, je ne peux pas m’empêcher de faire des projections sur notre future vie commune => lui faisant le petit-déjeuner le matin au réveil…J’imagine qu’il me fera des churros, des pastillas, une paëlla, des bons petits plats pour l’hiver, qu’il prendra le temps d’aller sur le marché le matin pour faire mon gaspacho bio et je suis certaine qu’il s’entendrait trop bien avec mon frère. Toc-toc dans ma tête, parfois je me fais flipper à croire que le gars assis en face de moi que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam est l’homme de ma vie. Bah c’est comme ça, je vois en chaque date mon potentiel mec. Fais pas genre t’es comme moi avoue.

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Pedro et moi partageons les mêmes valeurs de la familia. C’est très important pour lui et il me parle longuement de ses parents, de sa sœur mais aussi de ses amigos. Au fil de la soirée et des bières qui défilent, j’apprécie fort Pedro (mais j’ai toujours du mal avec son petit nez).

Les heures passent et le temps est venu pour moi de laisser mon ami Pedro. C’est pas que je m’ennuie, mais je dois prendre le métro pour rentrer chez moi (tu notes que je n’ai pas pris ma voiture cette fois, écolo girl une fois de temps en temps) et il se fait tard mine de rien. Et puis on a tellement accroché à parler pendant toute la soirée, discussions fluides, rires aux éclats etc. Je sais pertinemment qu’on se revoit très vite.

Il m’accompagne à la bouche de métro, on marche dans la fraîcheur et là c’est l’instant patatra auquel je ne m’attends pas (COMME D’HABITUDE TMTC). Il s’arrête net, me regarde, prends le col de ma veste entre ses mains, il m’attire vers lui, me plaque contre un rideau de fer d’un magasin (fait iech ma veste va être crade) et me roule une pelle monstrueuse (tout le monde nous regarde, la honte). Qui va durer un moment d’ailleurs. Il me chuchote à l’oreille « Allez Matka, ien chez moi, on sera mieux dans ma casa » et je réponds « Ben heuuuuuuuuu non, heuuuuuu, je vais rentrer hein -_-‘ ». Pas que j’ai joué la meuf qui se fait désirer hein, j’avais juste mes règles. T’emballe pas, I STAY THE SAME *coup de poing dans le vide*

Et puis dans tous les cas, je savais qu’on allait se revoir! Et puis ce baiser de fou furieux, et puis nos conversations, et puis cette alchimie Amérique Latine/Europe => c’était écrit d’avance, c’était le début de quelque chose. Et puis je le savais, j’en étais sûre.

Je le quitte. Je m’essuie le coin de la bouche. Je suis un peu deg sur les bords, mais je m’en fous, on se voit dans trois jours, le RDV est déjà fixé. Hâte de le revoir. Dans le métro sur le chemin du retour, je repense à lui. Finalement son petit nez est choubidouwa. Trop mignon Pedro. Hihi.

Le lendemain, no news from l’ami Pedro. Arf, normal, on a passé une soirée si démentielle qu’il faut qu’il s’en remette hu. Le lendemain, bah… Ni le surlendemain. J’envoie un petit SMS cool pour prendre de ses nouvelles et qu’on s’organise pour notre soirée qui arrive. No news de l’ami Pedro. Le jour d’après? Idem, no news de l’ami Pedro. Voili voilou… Tu sais tout. J’ai jamais eu de ses nouvelles. NE-VER. C’est pas chelou?

Sont pas chelou les mecs franchement?

Mais c’est quoi le problème?

Et puis ce nez façon Barbie combo M.J. Non, c’était pas possible, mon frère se serait moqué de lui de toutes façons. NO POSSIBLE AMIGO. ARRIVEDERCI. Enfin, ciao quoi.

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