Hypersensibilité, la suite. Le zèbre qui s’en balec.

Attention, gros pavé qui part dans tous les sens, on se refait pas. 

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J’annonce une livraison de sentiments sur le clavier. Et surtout, on ne juge pas s’il te plait. Si j’ai pris la décision d’aborder un sujet tel que celui-ci aujourd’hui, c’est parce que je sais que certains lecteurs s’y retrouveront. Mon cas n’est absolument pas isolé et j’en parle avec mes propres mots, très maladroitement certes mais ça sort de mon petit cœur et c’est pas vraiment facile d’y mettre des termes exacts. J’ai tenté de mettre en place mes écrits mais c’est assez compliqué, comme d’habitude tu le sais. Et j’insiste : si tout cela est une révolution dans mon quotidien, ma manière de voir les choses et d’interagir avec mes proches, j’espère que cet article pourrait t’ouvrir les yeux pour toi aussi. Dans le sens qu’il faut toujours respecter les autres, prendre le temps de communiquer, apprendre de son entourage et avoir un peu de bienveillance et d’ouverture d’esprit.

Je t’ai parlé de ce truc au fond de moi qui faisait que je ne me comprenais pas mais surtout, les autres ne me comprenaient pas. En gros, en faisant mes recherches toute seule comme une grande, je suis tombée sur des articles et ça a fait un petit boum dans mon cœur.

Et puis j’ai lu encore et encore des trucs sur l’hypersensibilité. Pour moi, aucun doute, c’est ça. Je le suis.

Et puis le temps a passé, mais toujours ces blocages avec les autres et des blocages dans ma tête. Des blocages mais surtout des situations que je ne sais pas gérer. Quand je dis que je ne sais pas gérer, c’est parce que je ne comprends pas ou alors mon corps fait une sorte de « stop », mon cerveau fonctionne différemment des autres.


Pas plus tard que quelques jours, je parlais avec un copain, on se confiait tous les deux sur cette hypersensibilité et notre façon de penser. A un moment il m’a dit « J’en ai ras le bol. Pourquoi je suis comme ça ? Je peux pas avoir un cœur de pierre comme la plupart des gens ? Et m’en BATTRE LES COUILLES ?? » Mec, je te comprends tellement. Telle est la question : pourquoi je suis pas comme les autres et pourquoi je n’arrive pas à m’en battre les couilles ??? Et il est là principalement le truc, c’est que nous, on vit les choses avec tellement d’intensité, de passion, de sincérité et d’amour qu’on n’arrive pas à comprendre pourquoi les autres ne pensent pas de la même façon. Et tout ça je te jure lecteur, mais c’est putain de blessant. Oui oui, c’est blessant.

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Il y a quelques mois, je suis allée consulter pour mon problème de vessie timide, oui, rappelle-toi, j’arrive pas à pisser quand je sors de chez oim. Moi, toujours en mode oklm, les mains dans les poches et le nez en l’air à siffloter tranquillou bilou, j’ai poussé la porte du cabinet et je suis tombée face à une petite meuf. Qui m’a dit « Prenez la boîte de mouchoirs à côté de vous ». Ah ok.

  • Vous venez pour quoi ?
  • Ah… en fait j’arrive pas à faire pipi quand je ne suis pas chez moi.

Okay, c’était po-sey.

J’ai vidé la boîte de mouchoirs.

S’en est suivie une discussion d’une heure, au moins. Pour en venir à ça : si j’arrive pas à pisser, c’est à cause de mon empathie puissance 2000 et surtout ces pensées incessantes qui me pourrissent et qui me disent « Oh non, fais pas pipi car tu risques de déranger les autres et puis attention faut que personne ne t’entende sinon ça va te donner larchouma sur 28 générations et puis ça va ternir ton image, tu devrais pas attendre si longtemps après on va penser que tu fais une crotte et puis ça se trouve y’a plus de papier toilette, t’as vérifié s’il en reste ? Tu devrais faire gaffe, t’as pas checké sous la cuvette, ça se trouve c’est dégueulasse, y’a quelqu’un qui attend là non ? Magne-toi allez, bordel ça sort pas mais pourquoiiiiiiiiiiiiii ? Bon allez encore quelques efforts et le pipi va arriver, attends j’ai pas vérifié si la chasse d’eau fonctionne, ah putain mais lundi c’est dans 2 jours non ? » => ça ne s’arrête jamais. C’est juste tout le temps comme ça dans ma tête. Le verdict ne s’est pas vraiment fait attendre, c’était plutôt limpide pour mon interlocutrice et relativement fastoche.

C’est ainsi qu’à 35 ans, un beau jour au mois de juin, j’ai appris que non seulement je suis hypersensible => en gros, ça remet juste en cause toute mon existence… Mais je suis également ce qu’on appelle un adulte HP (haut potentiel). On parle alors de personne « zèbre » terme plus joli et flou pour dire « surdoué ». Et bisou ça fera 70e et rendez-vous la semaine prochaine. Prends ça dans la face. Bah bordel. La bombe émotionnelle les enfants. 35 ans. Pourquoi si tard putain ?


Je sais que ça tourne pas comme ça devrait tourner. Chez les HP, c’est assez chelou cette façon de raisonner car en gros pour te donner une idée de ce qui se passe, imagine-toi une sorte de tourbillon de pensées, un joli petit bordel, un plat de spaghettis tous emmêlés que tu n’arrives pas à remettre en place alors que la solution est sous ton nez et est archi simple dans le fond. Pour te la faire courte, je me prends tout le temps la tête. C’est une lutte permanente avec mes propres idées.

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(ce gif est magique putain de merde)

 

Prenons quelques bêtes situations du quotidien comme il en existe des tonnes.

Cheminement de pensées différent + vie régie par les émotions =

  • Je dois rejoindre un ou des amis directement en terrasse. C’est tout naze en soit et on est d’accord. Bah en fait, ça va me générer une sorte d’angoisse et de stress. Voilà ce qu’il se passe dans ma tête : je ne connais pas le lieu donc je me sens pas bien, je suis complètement déboussolée donc ça me fout des sortes de vertiges dans mon corps. Je sens les regards sur moi, comme si les gens se moquaient de moi à me pointer du doigt « ah elle sait pas où aller, ah elle est perdue, ah la honte sur elle ». Sans compter que m’installer en plein milieu de gens inconnus, ça me met réellement mal à l’aise => oreilles qui bourdonnent, vue réduite, mal de bide et blocage corporel. Au fur et à mesure que le temps passe, j’ai mes petits trucs pour me rassurer : j’aime être en temps réel au téléphone avec la personne que je rejoins quelques minutes avant, je préfère être côte à côte de la personne et non pas face à face et pour finir, je privilégie les tables contre une vitre ou sur le côté. Ce petit malaise prend fin au bout de… je dirais 15 à 20 minutes. Il se réduit peu à peu depuis quelques temps.
  • Je dois donner un rendez-vous à une personne. Le fait d’être trop dans le souci de l’autre et penser sans cesse à son bien-être font que cette prise de décision est un enfer. L’enfer se caractérise par : choix de l’heure (est-ce que 18 heures c’est pas trop tôt pour l’apéro et est-ce que 20.30 c’est pas trop tard), choix du lieu de rdv (pas le 6ème c’est trop touristique et le 18ème c’est trop loin), choix de l’ambiance (pas de resto on peut pas boire comme des trous et pas à l’intérieur on peut pas méfu), choix du trajet (métro ou voiture), choix du jour (le dimanche c’est le nouveau vendredi mais le jeudi c’est cool aussi et surtout pas le samedi)… Le trop de choix tue le choix et c’est un exercice très/trop compliqué pour moi. Le mieux est qu’on me dise « Matka, rendez-vous à tel endroit, tel jour à telle heure ». AH BEN MERCI \o/
  • Je dors ailleurs que chez moi. Trop de paramètres à prendre en compte et là c’est le drame. C’est comment chez lui ? Où sont les toilettes ? Je dors de quel côté ? Les draps sentent comment ? Et c’est propre ? Et si je ronfle ? Je peux prendre ma douche ?  Et si je pète ? Et si j’ai un début de mal de ventre ? J’ai droit à une serviette propre ? Et si j’ai soif au milieu de la nuit ? Et s’il fait trop noir ? Et s’il ronfle lui ? Est-ce que je me démaquille ? Et ma gueule le lendemain ? C’est sans fin. Les 1ères fois sont clairement une épreuve pour moi tu l’auras compris. Et encore, je passe une fois de plus sur d’autres détails futiles qui ont une importance ultime pour moi.
  • Je suis face à une personne tactile. Là aussi c’est problématique. Je HAIS le contact physique avec les autres. Entrer dans mon cercle invisible d’intimité c’est péché frère. Je vais me contracter, me raidir mais d’une force. Qu’on pose sa main sur ma cuisse (tiens, demande à mes potes ça les fait rire) me fous dans un mélange de rage, dégoût, angoisse et mauvaise surprise. Je déteste ça, mais vraiment. C’est comme une chatouille imposée, une intrusion, un truc que je refuse et qu’on m’impose. Quand je me laisse faire c’est uniquement avec les très très très proches. Genre ma fille (et encore, quand elle frotte son visage contre le mien en mode « petit chat qui ronronne » c’est difficile pour moi mais je me soigne) ou encore… En fait presque personne. Je ne prends mes amis dans mes bras que très rarement. Mais y’a pas de mal hein. Ah oui et avec mon mec quand j’en ai un, évidemment. Mais ça prend du temps.
  • Une personne inconnue peut me foutre mal à l’aise. C’est le malaise malaisant. La gênance ultime. J’entre dans ma bulle et là il peut se passer plein de trucs autour je ferais pas attention car mon esprit est fixé par cette personnalité qui me donne des frissons d’angoisse. Cette faculté de percevoir (je me trompe rarement) est assez troublante j’avoue. Mais le fait est que oui, y’a des signes physiques qui ne trompent pas : nausées, frissons, mal au dos, vertiges, sueurs froides, champ visuel rétrécit et maux de tête. Non vraiment. C’est pas de la magie et je suis pas une sorcière. Je pense juste qu’au fond de moi, on a tous en nous (quelque chose de Tennessee) ce truc mais certains le ressentent plus ou moins. Tu sais, c’est comme quand tu vas chez un pote ou que tu visites un appartement. Bah parfois tu te sens bien, t’as la bonne vibe et puis parfois t’as ce truc qui fait que t’as envie de partir immédiatement.
  • Et puis tant d’autres… Si tu savais… Tant d’autres… prendre les transports en commun, entrer en boîte de night, aller à la piscine, essayer une paire de chaussures, être face à un chat et je te parle même pas d’une grossesse et d’un accouchement… ou de la rencontre avec un mec. T’imagine le niveau de stress et d’angoisse lors des 1ères fois ? Alors remets en ordre toutes mes maladresses et tu comprends mieux alors mon comportement gauche avec les hommes.

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Alors attention, je suis en mode « confessions intimes » là tout de suite. Tout ce que je te raconte, c’est juste pour moi mon quotidien, ma façon de percevoir et ressentir certaines situations totalement « anodines ». Donc pour moi c’est comme ça et je sais que pour les autres c’est pas comme ça que ça se passe. Si j’ai pris la décision d’en parler aujourd’hui, c’est parce que je sais que beaucoup s’y perdent et voient le truc comme quelque chose de carrément honteux. Bah non, c’est pas honteux, c’est juste notre façon d’être et on n’y peut rien. Ça ne se soigne pas mais ça se travaille. Et ne me prends pas pour une chelou de la vie car je ne suis pas la seule à être dans ce cas. Moi j’ai mis je ne sais combien de temps, d’années pour enfin comprendre pourquoi j’étais comme ça. Je comprenais pas pourquoi je vivais certaines choses comme ça et pas les autres. Ce besoin de savoir pourquoi je suis pas « normale ». Mais comme je savais pas ce que j’avais, bah j’en parlais pas ! T’imagine parfois le malaise de vivre dans un truc, tu te contiens depuis tout ce temps sans comprendre quoi que ce soit.

Et toujours ce sentiment d’incompréhension de la part des autres, ne pas entrer dans une case, être hors norme et passer pour la tarée de service car je suis « TROP » (sensible, triste, angoissée, parano, heureuse, positive, à fleur de peau, amoureuse, excessive etc). Je te parlais plus haut de se sentiment d’être blessée d’ailleurs. Ce qui est rassurant dans ce diagnostic c’est de savoir qu’il existe un terme exact pour nommer tout ce bordel. Et ce n’est pas de ma faute, je ne suis pas malade, c’est juste que c’est comme ça. Le but à présent de ne plus percevoir tout cela comme un putain de fardeau mais plus comme une sorte de « don de la nature » (rien que ça). Don de la nature… J’en roule les yeux en l’air, j’en suis clairement pas à ce stade. Là pour le moment, je me dis « Okay, la vie est comme ça et ça va aller. On va faire avec ».

Et je vais pas te mentir, mais depuis le mois de juin, j’ai un peu changé. Se connaître et se kiffer, c’est juste le travail d’une vie. Moi je commence mon petit chantier oklm et ça se passe bien. J’apprends au fur et à mesure à mieux gérer certaines situations du quotidien qui avant m’auraient carrément bouffées la life mais d’une force… A présent, ça va mieux imotep. C’est pas facile mais on y arrive petit à petit. Je me sens grave plus cool et apaisée.

Mais attention, on se refait pas et je me plante encore grave. Je suis toujours un peu tendue sur certains trucs. Ne serait-ce que mon comportement « trop extrême » avec les hommes. Moi j’ai pas honte, j’en parle avec ma sœur cérébrale qui me calme quand je sens que je commence à partir dans tous les sens. Elle me connait depuis presque 20 ans et elle a tout vu : le pire comme le meilleur. Alors quand ça ne va pas, je n’hésite pas à me tourner vers elle car elle a ce recul que j’ai pas. Elle a cet aplomb qui me scie les jambes, cette réflexion simple et droite que je n’ai pas. Elle a ce don de me remettre les idées en place et j’arrive par la suite à prendre du recul et surtout avoir une vision plus globale : pourquoi j’ai pensé comme ça et pourquoi je n’ai pas eu l’esprit de penser de manière plus synthétique ?

Le chemin de réflexion chez un HP est en arborescence, en gros de chez gros, une situation => mille chemins pour arriver à une conclusion et en passant par ces mille chemins on passe par mille pensées à chaque fois.

J’ai un problème : y’a telle solution, mais en même temps si je prends cette solution, alors celle-ci va en découler et puis si j’opte pour celle-là alors je peux également soumettre l’idée que cette solution là ne serait pas si dégueulasse et… Nous sommes d’accord sur ces points : c’est épuisant moralement (oui vraiment) et c’est une perte de temps colossale. Alors je ne m’emmerde plus trop, je demande conseil, j’en parle, j’aime me sentir épaulée et écoutée mais surtout j’en ai besoin car il faut que je sorte de cette toile d’araignée sans fin. J’apprends à canaliser mes pensées afin d’arriver à une conclusion plus rapidement, être moins envahie par les émotions également, être plus « terre à terre », synthétique, ordonnée. Je tâtonne et j’y arrive (parfois) (et seule comme une grande).

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Si tu lis le blog depuis le début (big up à toi) tu as pu remarquer que je communique énormément sur mes soucis du quotidien mais aussi mes problèmes avec certaines codes sociaux. J’ai évoqué plusieurs faits et limite je me trouve super touchante car tout a déjà été dit avec beaucoup de sincérité et de simplicité. Pas de langue de bois et de toutes façons, je ne sais pas mentir. Voilà plusieurs petites choses dont j’ai parlées qui caractérisent le fait que je suis hypersensible et HP, ça va te rappeler quelques lectures :

  • Je ne sais pas décoder la séduction chez l’autre. Et d’ailleurs on m’a souvent roulé des pelles par surprise O_O’. Certains trucs m’échappent
  • Ce souci d’empathie 2000 , être toujours dans le souci de l’autre et de son bien-être
  • Ce blocage corporel face aux nouveautés
  • L’injustice me fait vomir, j’aime suivre les règles
  • L’alcool m’aide à me détendre et à me sentir « moi-même au naturel », sans barrière psycho
  •  Je vis le sexe avec beaucoup trop de passion et suis dans la recherche de l’ultime
  • Je suis une dépendante affective
  • J’ai une trop grande curiosité
  • Je me pose beaucoup trop de questions, je digresse très facilement
  • Sensibilité accrue aux détails (fringues, odeurs, déco, écriture ou autres)
  • Je suis dans l’hypercommunication
  • Je suis dans l’incapacité totale de mentir
  • Je suis ta meilleure épaule si t’as envie de chialer et une sacrée coach de vie et j’aime ça
  • J’ai un humour très particulier et déroutant
  • Je n’ai pas confiance en moi, j’ai une très basse estime de moi-même
  • J’ai ce besoin constant d’apprendre de l’autre, être stimulée intellectuellement est terriblement excitant
  • Je souffre énormément de savoir que les autres n’ont pas une bonne image de moi

Quelles solutions je mets en place afin de mieux avancer ? C’est assez simple, je mets en place le fameux « BALEC ». Marre-toi mais c’est réellement un travail à faire sur soi-même ce « BALEC ». Un taff à temps plein putain !

  • Si je suis dans l’attente d’un message de l’autre pour tel rdv, je ne me mets plus la rate au court bouillon s’il met du temps à répondre : je fais ce que j’ai envie de faire et si je n’ai pas de réponse je n’ai pas perdu mon temps. En gros « il n’a pas répondu ? BALEC je vais quand même me boire un café en terrasse et je pense à moi ». Et je me sors à petits pas de la dépendance affective en ayant cette notion de recentrage sur moi-même.
  • Si je dors chez mon nouveau mec : le BALEC prend sa place peu à peu. Je ne vais pas dormir chez n’importe qui (j’ai largement dépassé ma période de baise non-stop sache-le) et je suis certaine que je me sentirai bien chez lui. Donc BALEC, vis l’instant présent meuf et lâche prise sur les détails. Et je me sors petit à petit de mes blocages.
  • Je n’ai pas envie d’aller à telle invitation : BALEC. Clairement, je n’ai pas envie ? Je ne me force pas. Je dis que je n’irai pas et peut importe ce que pensent les gens. Je pense à moi. J’essaie de canaliser ce trop plein d’empathie. 
  • Les personnes clairement toxiques qui me font trop de mal/me forcent à changer mon comportement/n’ont aucune bienveillance/me jugent => BALEC. Je laisse de côté et j’avance droit devant. Je ne peux plus concevoir faire des efforts en amitié comme en amour. Ce n’est pas possible. L’amour c’est fluide, évident, clair et simple. Tout le contraire n’en est pas. Donc bisou les voyous et les sales gosses. J’arrête de me poser trop de questions.
  • Au travail, le bruit ne me pose plus problème : je mets un casque sur mes oreilles et BALEC. J’entre dans ma bulle et je suis sereine. Tout le bruit émanant de ma collègue de bureau est atténué (elle est bien évidemment au courant). Et je passe enfin de bonnes journées. Je n’ai plus ce bruit permanent en fond, mes oreilles ne bourdonnent plus et je peux me concentrer sur le taff en lui-même. Le mieux ? Je me fous des podcasts en tous genres et là c’est le bonheur absolu. Je n’entends plus le bruit du clavier qui résonne, je n’entends plus ma collègue scroller, les conversations de merde dans le couloirs ne me dérangent plus. Ce casque est mon sauveur lors de mes trajets dans les transports en commun mais il ne me quitte pas lorsque je suis dans l’obligation d’aller dans un centre commercial (juge pas les gens avec un casque sur la tête la prochaine fois, je te jure ça se trouve c’est une aide précieuse pour eux). Je maîtrise ce trop plein de sensibilité.
  • Toujours au travail, le BALEC prend naturellement sa place. Je ne m’emmerde plus à gâcher mon temps à passer mes pauses cafey à entendre du smalltalk. Rien de plus ennuyeux à mon sens. C’est la perte ultime de temps. J’en ai strictement rien à foutre de savoir que le fils de telle meuf a joué au foot et que le repas de la belle-famille c’était de la dinde. Non vraiment, TG je m’en fous. Alors je fuis ce genre de rdv qui ne m’apporte rien. Je m’ennuie profondément, je n’écoute pas, je divague et j’arrive pas à comprendre quel est l’intérêt de la conversation. Donc je reste dans mon coin et tout roule. Et personne ne m’en veut. Par contre savoir que ma collègue s’est pris une cuite de l’enfer et qu’elle a rencontré un mec, ça… C’est très intéressant. Chacun son truc, c’est tout. Il n’empêche que je respecte tout le monde là où je suis. Je suis pas une sauvage non plus. Je ne sais pas mentir, je ne me force plus.

etc. Etc. Etc. Etc. Etc.

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Suite au diagnostic, j’ai pris le temps d’en parler à mes proches. Mes parents ont été d’une grande écoute et se doutaient de quelque chose. Je cite ma mère « Avec ton père on t’a élevé comme ton frère et ta sœur et c’est vrai qu’on n’arrive pas à te suivre, t’es trop sensible mais d’un autre côté tu captes trop de choses. ». Merci maman ❤ Du coup, mes parents, ces saints,  filtrent certaines choses afin de ne pas me faire de mal, de ne pas me faire exploser, ils me ménagent et font attention. Leurs propos sont mesurés.

Tout comme du côté de mes très proches potos. Ils le savent. Certains même se sont documentés de leurs côtés afin d’en savoir plus sur l’hypersensibilité ou encore le truc HP. Je peux facilement en parler, en déconner parfois même. J’arrive toujours à avoir des phases un peu bizarres qui n’excusent pas tout car je suis parfois VRAIMENT à l’ouest sur pas mal de choses mais je me sens un peu mieux comprise, une sorte de respect de ce que je suis. Ce n’est pas facile pour tout le monde mais on y arrive 🙂 Parce que c’est ça l’amour, c’est le respect de l’autre ❤

Pour ce qui est du relationnel avec le sexe opposé c’est une autre histoire. J’ai décidé de ne plus reproduire ces schémas répétitifs amoureux qui ne me mènent à rien. J’ai posé cartes sur table et j’ai analysé calmement pourquoi toutes mes relations étaient pétées. Mais ça je t’en parlerai prochainement. Parce que je pense que j’ai déjà bien assez vidé mon sac pour le moment.

Donc voili voilou coquinou d’amour. J’en suis là. Comme tu as pu le constater j’ai également mis en place le BALEC pour le blog. Je mets ça entre parenthèse pour le moment, je reviendrai quand je me sentirai prête à partager d’autres trucs avec toi. Je suis sur des petites choses pas trop dégueulasses concernant le blog, des choses vont arriver mais c’est comme pour tout : moi je suis un putain de diesel. Je prends mon temps pour tout !

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Big Bisous Bien Baveux.

PS : cet article est le numéro 100 putain de bordel \o/

16 réflexions sur “Hypersensibilité, la suite. Le zèbre qui s’en balec.

  1. Salut Young Matka, je te suis depuis le début de cette année, & je prends un plaisir viscéral à te lire à chaque fois… Combien de fois j’ai souris en te lisant, & en me disant « it does ring a bell! ».. un sacré paquet de fois…
    & aujourd’hui tu mets des mots sur tes maux.. & encore une fois tu viens me parler dans le creux de mon oreille…
    Alors pourquoi spécialement aujourd’hui je viens te laisser un mot, je l’ignore… juste pour te dire que tu n’es pas toute seule.
    Comme tu n’aimes pas ça je ne te bizouille pas, mais le cœur y est
    ;-))

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    1. Oh Corinne!
      Absolument trop cool de lire ce commentaire et je te remercie grave d’avoir pris le temps de l’écrire 🙂
      Je pense que parfois il est nécessaire d’en parler et c’est important de poser les mots… Pas facile de se révéler et d’apprendre certaines choses sur soi mais le but est d’avancer dans le bon sens !
      Merci encore et au (grand) plaisir de te lire à nouveau !!

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  2. Hello, merci pour ta réponse 🙂
    Oui c’est important de poser les mots, & c’est super courageux aussi (oui oui je te fais un compliment).. si je prends mon cas je me suis sentie décalée depuis ma plus tendre enfance, pas à ma place, comme « à côté », & bien évidemment comme j’étais tendre avec moi, j’imaginais que je n’étais pas normale…
    Alors, qu’est ce la normalité? me diras tu… Si si, je t’entends le dire 😉
    Il n’y a pas si longtemps que j’ai compris que j’avais ma place, une place à part entière, juste pour moi ;-)… j’apprends à gérer cette empathie débordante & cette sensibilité…j’apprends à dire non, & fuck aussi parfois, ça surprend certains lol… mais j’adore!!
    Je te souhaite une très belle soirée
    Au plaisir d’échanger avec toi de nouveau.
    Baccioni

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    1. C’est vrai que c’est bizarre d’apprendre à devoir dire « non ». C’est cette notion de « je pense à moi » (et non pas d’égoïsme, la frontière est mince) qui est assez difficile à avoir car ce trop plein d’empathie bouffe à peu près tout !
      Mais comme tu le dis si bien, pas à pas et tranquillement ça s’apaise et on arrive à canaliser tout ce gros bordel ! Il sera toujours là ce gros bordel mais c’est rassurant de savoir qu’il est tout à fait normal 🙂
      A très vite Corinne ❤

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  3. Je suis exactement comme ça. Mon diagnostic n’est pas « officiel » (le test est clairement fait pour les matheux et je n’en suis pas).
    C’est bizarre car de mon côté de le savoir n’a pas changé ma vie. Ça m’a pas plu de savoir que je ne pouvais rien y changer. Et du coup dans certaines situations (exemple typique, quand un mec ne répond pas a un SMS) je n’arrive pas à m’en Balec justement. Et du coup je rentre dans un cercle de culpabilité sans fin parce que je m’en veux de pas m’en Balec! Ma psy me dit qu’il faut que je m’accepte et que je vois le positif de l’hypersensibilité. Mais moi je veux juste trouver le bouton off de ma sensibilité. Me mettre parfois en pilote automatique. Et quelque part ça me rassure de lire aucun hypersensible arrive a s’en Balec. Ça veut dire que c’est possible. Un grand merci donc!

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    1. Salut Jade !!
      Merci pour ton commentaire !!
      Tu sais, j’ai mis en place le BALEC depuis peu. Et c’est vraiment trop drôle de te lire car justement, je l’ai mis en place suite à une non réponse d’un mec.
      Je te raconte.. j’envoie un sms à mon mec de l’époque, il avait mis plus de 5 heures à répondre à une simple question (on se voit à quelle heure?). Pendant toutes ces heures à attendre, j’ai tourné en rond, à me punir moi-même à rester chez moi et faire des tâches super chiantes, comme pour souffrir un peu plus de cette attente qui me foutait les tripes à l’air. Une boule de rage en moi, dans le ventre qui était douloureuse et je me suis mise dans tous mes états.
      J’en ai parlé à la psy qui m’a dit « Etre dans l’attente d’une réponse ok. En souffrir et te punir non. Donc sors, occupe-toi, fais-toi plaisir et peut importe la réponse. Négative comme positive, tu auras passé un moment pour toi et tu auras pris le temps de penser à toi et toi seule. Aies en toi cette notion de plaisir »
      C’est donc suite à cet épisode que j’ai mis en place le BALEC. Et vraiment, c’est tellement con à faire mais je n’y avais jamais pensé O_O
      Les gens qui ne fonctionnent pas comme nous ont naturellement ce raisonnement, moi il a fallu qu’on me l’apprenne. Je t’assure, ça change beaucoup de choses. J’espère que pour une prochaine fois, tu auras le réflexe de l’avoir en toi ce BALEC ❤
      Pour le moment je suis comme toi, je n'arrive pas encore à entrevoir le côté positif de l'hypersensibilité, c'est trop difficile à gérer mais j'arrive peu à peu à m'apaiser. C'est le travail d'une vie, step by step ❤
      Au plaisir de te lire Jade !
      A très vite

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      1. Merci pour ta réponse, c’est tout bête mais ça rassure ! Et la dernière non réponse d’un mec c’était justement au message « on se voit du coup ce soir » ! Et 3 jours plus tard, message dudit gars « coucou ça va? » WTF
        Et pendant toute la journée d’attendre impossible de me détendre et de pas y penser et culpabilité de pas savoir pas y penser…
        Ma psy m’a dit : celui qui se tait a le pouvoir. En gros elle m’a conseillé de pas répondre au « coucou ça va ». Ça a été dur mais je l’ai fait. Je peux pas supporter de faire la même chose que lui et de jouer le jeu de la distance. Mais après tout c’est ça être « comme tout le monde » il paraît…mais qu’est ce que c’est pas simple

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      2. Avec les hommes tu sais Jade… Quand tu entres dans ce jeu de la non réponse ou autre… C’est pas bon. Un homme qui veut réellement partager du temps avec toi, qui veut réellement te voir et que tu intéresses : comment il s’en bat les couilles de savoir qui a envoyé le dernier message ou pas !
        Ça ne devrait même pas se passer comme tu le décris. Quand c’est partagé à 100% des deux côtés tu ne te poses aucune question car c’est d’une évidence, d’un naturel et d’une fluidité c’en est presque déconcertant car c’est normal. On ne se pose pas de question quand on est sûr.
        Tu vaux mieux que 3 jours d’attente à une simple question bordel de merde. Un gars qui se comporte normalement ne fait jamais attendre, il répond.
        C’est que c’est pas lui, c’est tout. Et dis-toi que du moment que tu en souffres : STOP. L’amour c’est pas ça et tu mérites un mec qui prenne soin de toi comme tu prendras soin de lui ❤

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  4. Tout ça me parle. Je me retrouve dans plusieurs points. Mon étrangeté commence pour moi avec un prénom et un physique attypiques qui n’ont rien à voir avec le reste de la famille. Donc étant différente de base, pour moi il était normal que je me sente différente.

    Bien évidemment mes parents sont HP, mes enfants, et mon conjoint. C’est uniquement ma conviction car dans tout ce petit monde seuls mes enfants ont été testés. Je n’éprouve pas de besoin de le faire car ça ne m’apporterait rien (pour le moment). Je suis également multi-potentiel, j’ignore si c’est lié.

    Le côté BALEC je l’apprends. Et je me rends compte qu’un petit recentrage quotidien m’aide beaucoup, et m’aide aussi pour ma concentration (ça me prend tellement d’énergie cet éparpillement). Je fais 5min (je ne peux pas davantage) de méditation au réveil. Je focalise sur ma respiration, et quand mon esprit divague, je reviens sur la respiration, sans me flageller.

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    1. J’ai du mal avec la relaxation, en fait je n’arrive pas à vider ma tête. Du coup, je suis dans le silence, au milieu de toutes ces pensées et limite, c’est angoissant ! Trop chelou à expliquer….
      Et je suis d’accord avec toi, entre hp, on se rapproche irrémédiablement !

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  5. Je ne comprends que trop bien le sujet…
    Le livre « Trop intelligent pour être heureux » de Jeanne Siaud – Facchin, à été une vraie révélation pour moi.

    Les vidéos You Tube d’une « Psy à la maison », sont de vraies pépites sur le sujet ! 🙄

    C’est également en comprenant que j’étais une hypersensible, que le cheminement vers mon identité en tant que zèbre, fut révélée…

    Cela ne fut pas facile… Mais comme le dit Socrate:

    « Connais toi, toi même ! »

    Je rajouterai que le plus dur n’est pas d’être mais de s’ignorer…

    #CQFD
    #BonneRouteÀToi

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    1. J’ai lu ce bouquin sur les conseils de la nana qui m’a suivie. Vachement bien mais… du moment qu’on le sait, on en fait quoi en fait ? Et je suis pas la seule à me la poser cette question… Ok je le sais et puis après ? Il se passe quoi ?

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  6. C’est marrant, je trouvais qu’on avait eu une utilisation et une approche des applis similaires et j’en étais étonnée. Bon ben plus maintenant. Big Up à William le blogueur et William mon filleul de 6 ans qui m’ont permis une épiphanie. Sans deconner, ca fait pas trop du bien de se sentir enfin moins seule, incompris, à part et comprendre qui on est sans jugement malveillant?!!

    Si ce n’est pas déjà fait, lis « Je pense trop » et « je pense mieux » de Peticolin, c’est très utile et plus pratico-pratique

    des bisous (de loin, pas trop proche non plus, chacune son espace vital)

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